Le Canada désigné comme un “modèle” en matière d’accueil des étrangers qualifiés

De tous les pays membres de l’OCDE, c’est le Canada qui réussit à mettre en place les politiques d’immigration les plus efficaces pour les travailleurs qualifiés, selon une nouvelle étude.

Alors que l’immigration va constituer un enjeu important des élections fédérales de septembre prochain, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) publie un rapport qui présente le Canada comme un “modèle” en la matière. Intitulée Recrutement des travailleurs immigrants : Canada 2019, cette analyse montre que le Canada est, de tous les pays membres de l’OCDE, celui dont la politique de recrutement des travailleurs étrangers est la plus satisfaisante :

 

Le Canada possède le système de migration de la main-d’œuvre qualifiée le plus élaboré et le plus ancien de l’OCDE. En grande partie à la suite de nombreuses décennies de gestion de la migration de la main-d’œuvre, plus d’une personne sur cinq au Canada est née à l’étranger, soit l’une des plus fortes proportions de la zone de l’OCDE. Au Canada, 60 % de la population née à l’étranger a un niveau d’instruction élevé, la plus forte proportion dans l’ensemble des pays de l’OCDE.”

Les auteurs du rapport soulignent en particulier les avantages du programme Entrée Express, le système de sélection en deux étapes des candidats à l’immigration mis en place en 2015. Ils indiquent aussi que “le Canada, parmi les pays membres, est le plus efficace quand il s’agit de réunir les familles et celui qui fait le plus d’efforts constants pour améliorer son système migratoire”.

“Un des facteurs clés du succès du modèle canadien, c’est qu’on choisit selon une banque de compétences assez large. On ne cible pas des métiers particuliers [au niveau fédéral]”, explique Thomas Liebig, l’un des auteurs du rapport, qui signale le rôle essentiel des programmes provinciaux de sélection des immigrants dans la répartition des nouveaux arrivants en fonction des besoins des régions.

Au Québec, l’immigration au cœur des polémiques

Le Canada accueille environ 85 000 immigrants économiques chaque année, écrit La Presse“Que ce chiffre soit trop élevé, trop bas ou adéquat constitue souvent une source de tensions sur le plan politique, parfois alimentées par la perception d’une intégration plus ou moins réussie des nouveaux arrivants.”

Au Québec, le gouvernement de François Legault s’est pour sa part engagé à réduire cette année de 20 % le nombre des nouveaux arrivants, jugeant que “trop peu d’immigrants maîtrisent le français et que leur taux de chômage est trop élevé”. Une promesse électorale mal perçue à la fois par les milieux d’affaires, qui estiment que la province aurait en réalité besoin de plus d’immigrants, et par le gouvernement fédéral, qui, par la voix de son ministre de l’Immigration, Ahmed Hussen, a fait savoir “qu’il n’est pas temps de réduire le nombre d’immigrants qualifiés, mais qu’il est temps de continuer à faire croître l’économie canadienne de manière responsable”.

Les entreprises québécoises voudraient “au moins” 60 000 immigrants par an, “une cible qui va bien au-delà des objectifs du gouvernement”, explique Radio Canada : officiellement, la province prévoit d’accueillir d’ici à 2022 entre 49 500 et 52 000 personnes. Or, selon le Conseil du patronat du Québec (CPQ), pour combler la pénurie de main-d’œuvre dont souffre la province, il faudrait faire venir “plus de 300000 travailleurs étrangers au cours des dix prochaines années”.

La solution passe par un relèvement des seuils concernant les travailleurs qualifiés – une mesure qui, selon le CPQ, devrait intervenir “le plus rapidement possible” – et par la réduction des délais d’attente dans le traitement des demandes de résidence permanente au niveau fédéral. “Un immigrant sélectionné par le Québec doit en effet attendre en ce moment en moyenne vingt-deux mois avant d’obtenir sa résidence permanente permettant de travailler sans contrainte dans le pays”, constate Radio Canada. Des délais “problématiques autant pour les candidats que pour les employeurs”, selon le CPQ.

Un nouveau dispositif d’accompagnement des immigrants

Le gouvernement québécois, qui veut améliorer le suivi des nouveaux arrivants, annonce par ailleurs la mise en place du “parcours d’accompagnement personnalisé” pour les personnes immigrantes. “Désormais, le processus d’intégration débutera au moment de l’envoi d’un certificat de sélection du Québec par le Midi [le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion] à la personne immigrante.” Dès le premier contact, le nouvel arrivant se verra fixer un rendez-vous avec un employé du ministère. “En fonction du profil et des projets de vie de chacun, un plan d’action individualisé sera produit afin d’orienter et d’accompagner les personnes immigrantes vers les ressources appropriées à leurs besoins”, précise Simon Jolin-Barrette, ministre de l’Immigration du Québec.

L’un des objectifs de ce nouveau dispositif de prise en charge est de réduire le nombre d’immigrants qui quittent la Belle Province pour s’établir ailleurs au Canada.

 

Source: Radio Canada

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